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🌿 Quand la forĂȘt nous bouleverse !


Au dĂ©tour d’un chemin en forĂȘt, aprĂšs s’ĂȘtre laissĂ© immerger et bercer par sa prĂ©sence enveloppante, en entrant en son cƓur
 quelque chose nous saisit
dans le nĂŽtre.


Comme si, en allant plus profondĂ©ment en elle, on entrait aussi plus profondĂ©ment en contact avec nos sensations — et mĂȘme nos Ă©motions.

 

Le pouvoir Ă©motionnel de la forĂȘt


Je viens de terminer l’animation d’un stage de trois jours en forĂȘt. Et je suis toujours aussi bouleversĂ©e par sa magie : les liens et l’émerveillement qu’elle crĂ©e, procure.


La lumiĂšre filtre entre les branches, l’air est chargĂ© d’odeurs humides, et cette humiditĂ© rĂ©vĂšle d’autres fragrances.


Les sons apparaissent : clapotis, bruissements dans les feuilles, les pas au sol, les brindilles qui craquent, la terre, les feuilles
 et les mélodies des oiseaux.


Au départ, une marche.


Puis des respirations apaisantes, quelques ateliers sensoriels
 et soudain, quelque chose bascule.


Ce n’est pas seulement agrĂ©able, ni simplement beau. C’est plus vaste que ça.


Une émotion qui déborde, qui enveloppe, qui nous traverse
 malgré tout.


MalgrĂ© le quotidien que nous portions encore Ă  l’orĂ©e de la forĂȘt.

MalgrĂ© les idĂ©es persistantes et limitantes que l’on avait encore il y a quelques minutes.

MalgrĂ© la to-do list, le retour vers ce que nous n’avons pas fait hier et ce Ă  quoi nous devons penser pour demain.


Une Ă©motion qui dĂ©borde, qui enveloppe, qui nous traverse
qui fait taire le mental ;qui fait dresser les poils sur les bras, trembler la voix, humidifier les yeux — parfois jusqu’aux larmes.


Une sensation qui nous fait ressentir quelque chose
 de plus grand que nous.


Ce type d’émotion, nous le connaissons dĂ©jĂ .


Dans une salle de spectacle, face Ă  une scĂšne bouleversante.

Dans un morceau de musique qui nous submerge.

Devant une Ɠuvre d’art qui nous arrĂȘte net.


Ces moments oĂč quelque chose en nous s’ouvre, oĂč le mental se tait, oĂč l’on ressent pleinement, profondĂ©ment.


Ce qui est troublant avec la nature,

c’est qu’elle provoque ces Ă©motions,

Sans intention.

Sans message.

Sans mise en scĂšne.


Et c’est ce qui les rend plus fortes encore.


Un mot pour définition ?


Ce que nous ressentons dans ces instants porte un nom en psychologie : l’émerveillement profond, parfois dĂ©signĂ© par le terme anglais awe.


C’est une Ă©motion particuliĂšre, qui apparaĂźt face Ă  quelque chose de vaste et qui dĂ©passe notre comprĂ©hension immĂ©diate.


Elle a deux caractéristiques principales :

  • une sensation de grandeur

  • un besoin intĂ©rieur de rĂ©ajuster notre perception du monde


Autrement dit, quelque chose en nous reconnaüt qu’il est face à plus grand que lui.


Et cela produit un effet Ă©tonnant : le sentiment du “moi” se fait plus discret.

On ne disparaĂźt pas, mais on cesse d’ĂȘtre le centre.

On est avec.

On fait partie de.


Nous ne sommes pas face Ă  la forĂȘt.

Nous ne sommes pas seulement dedans.

Nous en faisons partie.


Et c’est peut-ĂȘtre cela qui rend l’expĂ©rience si intense.


Il n’y a plus de distance.

Plus vraiment d’observateur
 ni mĂȘme de contemplateur.

Plus vraiment de séparation entre celui qui regarde et ce qui est regardé.


Dans ces moments subtils d’appartenance, quelque chose se produit.

Une forme de relĂąchement.

Une diminution des frontiĂšres.

Un sentiment d’unitĂ©.

Comme si l’on cessait, briĂšvement, d’ĂȘtre sĂ©parĂ© du reste.


Ce n’est pas une pensĂ©e. C’est une sensation.


Au délà des mots


Si ces expĂ©riences nous touchent autant, ce n’est sans doute pas un hasard.


Il existe une idée simple mais puissante : la biophilie.

Une forme d’affinitĂ© profonde avec la nature, inscrite en nous.


Les mots pointent cependant vers quelque chose que notre langage peine Ă  saisir.


Comme si, au fond, ces moments n’étaient pas une exception
 mais un retour.


Dans un monde oĂč tout va vite, oĂč l’attention est constamment sollicitĂ©e, ces moments sont plus que prĂ©cieux — ils sont probablement vitaux : source d’harmonie, d’empathie, des respect, d’altruisme, de comprĂ©hension, de coopĂ©ration, de protection


Peut-ĂȘtre s’agit-il moins de chercher ces instants
 que de leur laisser de la place.


Et au dĂ©tour d’un chemin, il n’y a plus vraiment “elle” et “nous”, ni mĂȘme « les autres ».

Il y a un mĂȘme tissu de vie, vibrant, mouvant, prĂ©sent.


Et peut-ĂȘtre est-ce cela, que la forĂȘt nous fait ressentir, Ă  travers les arbres, liens anciens des mondes et des connaissances : que nous sommes tous liĂ©s et reliĂ©s.


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