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Et si la difficulté à lâcher prise parlait de votre insécurité émotionnelle ?

Dernière mise à jour : 23 janv.

On entend souvent des invitations à “prendre les événements pour ce qu’ils sont”, “changer de regard”, “lâcher prise”.


On illustre parfois ces idées avec des images poétiques : un parapluie que l’on ferme pour danser sous la pluie, un personnage qui saute par-dessus des trous dans un chemin, ou qui se laisse porter au-dessus de crevasses.


Ces images parlent à certains, mais pour d’autres, elles semblent inaccessibles.


Comment danser dans un champ jonché de pierres invisibles ? Comment se propulser hors des fissures de sa propre histoire ?


Que signifie, au fait, "Lâcher prise" ?


Peut-être, simplement, cesser de lutter contre ce qui est, sans nier ses émotions ni refouler ses ressentis.


Accueillir ce qui se présente et choisir, pas à pas, sa manière de réagir.


Mais vouloir ou décider de lâcher prise ne suffit pas. Cette capacité dépend de notre histoire émotionnelle, de la manière dont nous avons appris à accueillir et gérer nos émotions et poser nos limites.


Pour certaines personnes, notamment celles qui ont grandi dans l’insécurité émotionnelle ou la maltraitance affective, sauter par-dessus les fissures ou danser sous la pluie n’est pas un geste immédiat.


Il peut être nécessaire d’apprendre à poser des repères, reconnaître ses émotions, et se réconcilier avec sa légitimité à ressentir.


L'intensité d'une épreuve est toujours subjective et LEGITIME


Un événement peut sembler “anodin” de l’extérieur et pourtant être vécu comme profondément déstabilisant.


Ce qui compte vraiment, ce n’est pas la nature de l’événement, mais ce qu’il réveille, les blessures qu’il réactive.

ETAPE 1 : SE RECONFORTER


Ce que je ressens est légitime.


  • Même si d’autres réagiraient différemment.

  • Même si on m’a appris que je “réagissais trop” ou que je devais “faire un effort” ou “être plus compréhensive”.


L'insécurité émotionnelle : des obstacles invisibles au lâcher prise


Grandir dans une relation maltraitante, culpabilisante ou émotionnellement insécure peut signifier que l’on n’a pas appris à accueillir ses émotions, mais à s’en méfier.


Qu’est-ce que l’insécurité émotionnelle ?


C’est un environnement où :

  • les émotions sont minimisées, ridiculisées, moquées ou punies

  • les besoins sont perçus comme des exigences ou des attaques

  • l’amour et la sécurité sont conditionnels

  • la culpabilité est utilisée comme levier de contrôle


Ces expériences peuvent installer des schémas inconscients :

  • menace (explicite ou implicite)

  • victimisation de l’autre

  • retournement de culpabilité

  • confusion entre responsabilité et faute


On “apprend” alors que :

  • ressentir est dangereux

  • exprimer un besoin est égoïste

  • poser une limite est cruel


se protéger équivaudrait à abandonner ou blesser l’autre.


ETAPE 2 : ACCUEILLIR SES EMOTIONS


Lâcher prise ne consiste pas à supprimer ou ignorer ses émotions, mais à les reconnaître et leur offrir un espace sûr.


La tristesse, la peur, la colère, la confusion ont besoin d’être accueillies et nommées. Sinon, elles s’enfouissent, se retournent contre soi ou ressurgissent ailleurs.


La colère, en particulier, est souvent mal comprise. Elle peut être un signal précieux :

  • une limite a été franchie

  • un besoin n’a pas été respecté


Attention cependant, accueillir la colère ne veut pas dire la laisser exploser contre soi ou un autre. Il s'agit là de la reconnaitre, la laisser se présenter et apprendre à la gérer.


Quelques manières de l’accueillir :

  • parler à voix haute, devant un miroir ou dans un espace ouvert

  • écrire ou dessiner pour exprimer ce qui bouillonne

  • marcher rapidement pour évacuer la tension

  • serrer un coussin ou une balle et l’expulser en expirant, comme pour se délester


Pourquoi lâcher prise est difficile ?


Lorsqu’on a été conditionné à :


  • se sentir fautif de ressentir

  • se croire responsable des émotions des autres

  • penser que se protéger revient à punir ou abandonner


alors lâcher prise devient presque impossible.


On peut se percevoir dur, égoïste ou cruel, alors même que prendre de la distance ou poser une limite est nécessaire pour se protéger.


ETAPE 3 : OBSERVER SON REGARD


Avant de “prendre un événement pour ce qu’il est”, il peut être utile de se demander :


  • Dans quel état émotionnel suis-je ?

  • Quelles émotions se présentent (peur, colère, tristesse, confusion) ?

  • Sont-elles liées à l’événement ou à ce qu’il réactive en moi ?

  • À quoi cela fait-il écho dans mon histoire ?


Parfois le lien est clair, parfois flou. Et c’est normal.Laisser émerger sans forcer est déjà un pas vers la clarté.


Lâcher prise n'est pas une injonction ?


Lâcher prise n’est pas “aller mieux vite” ni “comprendre intellectuellement”.C’est un processus progressif :


  1. Reconnaître les mécanismes hérités

  2. Accueillir les émotions sans les juger

  3. Sortir peu à peu des schémas de culpabilité et de domination

  4. Apprendre à se tenir du côté de soi


Prendre conscience de ces mécanismes est déjà un pas immense, un pas vers un regard plus juste, plus doux et plus libre — sur les événements, et surtout sur soi-même.


ETAPE 4 : S'AUTORISER A SE PROTEGER


  • S’autoriser à ressentir

  • S’autoriser à avoir besoin de calme, de distance ou de temps

  • S’autoriser à poser des limites


Mettre de la distance n’est ni un manque d’amour ni une punition pour l’autre.C’est un acte de protection légitime, pour soi.


En faisant ce qui est juste pour moi, je ne fais pas du de mal à l’autre.


Je ne suis pas responsable des émotions des autres ; chacun vit ses émotions à sa manière, tout comme je vis les miennes. Je peux rester bienveillant et présent sans me charger de ce qui ne m’appartient pas.


Mon cheminement


Ce que j’écris ici ne vient pas d’une théorie ou d’une leçon.


Il vient de mon parcours personnel : mes expériences, mes interrogations, mes découvertes. Mes rencontres, mes discussions, mes écoutes, et mes moments passés auprès des arbres, à m’ancrer et à me déployer, m’apprennent, m’indiquent, m’orientent — parfois du bout de leur branche, parfois avec un sourire silencieux.


Écrire est pour moi un chemin, que je partage ici avec vous, simplement. Chaque mot posé m’aide à mieux me comprendre et à avancer, pas à pas, vers un lien plus doux avec moi-même, avec les autres… et avec le vivant. 💛


Peut-être que ces mots permettront à d’autres d’ouvrir des portes et à trouver un pas de liberté dans leur propre chemin.


Lâcher prise n’est pas seulement la gestion des événements ; c’est, pas à pas, apprendre à réécrire et à vivre autrement sa manière d’être en lien avec soi, avec les autres, et avec le vivant.


 
 
 

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