Utiliser l’IA m’interdit-il de m’émerveiller du vivant ?
- Laurence Paganucci
- 26 mars
- 3 min de lecture
Aujourd’hui, j’ai reçu un message. Et il ne m’a pas simplement vexé.Il m’a traversé.
Pas comme une critique ordinaire, mais comme une remise en cause plus profonde, presque existentielle. On m’a dit — ou suggéré — que le fait d’avoir généré une image avec l’intelligence artificielle me rendrait, d’une certaine manière, illégitime à m’émerveiller de la beauté de la nature. Que, par cet acte, je desservirais “la cause”.
J’ai trouvé cela… excessif. Et surtout, profondément injuste.
Une accusation qui dépasse le geste
J'entends qu’on questionne l’usage de l’intelligence artificielle. Je comprends et adhère aux inquiétudes écologiques, éthiques, philosophiques
Mais là, ce n’était pas une question. Il s’agissait d’un jugement. Presque d’un verdict.
Comme si un acte ponctuel — générer une ou deux images par mois — pouvait définir toute une sensibilité. Comme si un outil utilisé devenait une identité.
La réalité d’une vie imparfaite, mais consciente
Je ne suis pas un modèle. Et je ne veux pas l’être. Je vis simplement. Je marche plusieurs kilomètres par jour, je consomme peu, je fais attention à ce que je mange. Et parfois, oui, il m'arrive de faire des écarts, par fatigue ou par commodité. Je suis humaine, imparfaite, consciente. Faut-il être irréprochable pour aimer la nature ?
Le piège de la culpabilité permanente
Ce message a réveillé quelque chose de plus large : la sensation qu’il faudrait toujours faire mieux, toujours faire plus, toujours cocher toutes les « bonnes » cases… lesquelles et selon qui, ceci dit ?
Et que si ce n’était pas le cas, il faudrait culpabiliser.
Je préfère une vie où chaque geste compte sans devenir une mesure constante de ma valeur.
Remettre les choses à leur place
Oui, trier ses déchets est important. Mais la vraie question, c’est pourquoi il y en a autant.
Oui, nos usages numériques ont un impact. Mais ils s’inscrivent dans un système bien plus vaste :infrastructures, métacentres, milliards de données stockées chaque jour.
Réduire tout cela à une personne, et en faire un symbole de contradiction ?
Ce que je fais, je le fais par élan
Je travaille dans le bien-être, dans le lien, dans le vivant.
J’embellis mon jardin. J’ai retiré des clôtures, créé des espaces pour les lézards, les oiseaux, les hérissons.
Je fais ça parce que quelque chose en moi m’y invite profondément. Pas pour être irréprochable. Pas pour cocher une case. Parce que j'y crois et que cela fait partie de moi.
Et parfois, oui, j’utilise une image générée par IA. Pour accompagner un texte. Pour incarner une invitation. Et cette image va peut-être permettre à quelqu’un qui n'y aurait jamais penser à venir respirer, ralentir, se reconnecter à lui-même, aux autres, à la nature… à la sensibilité qui peut nous unir … Alors quelle est l'équation a faire ?
Refuser les extrêmes, choisir la nuance
La vie est faite de nuances, d’imperfections et de contradictions. Refuser cette complexité, c’est risquer de perdre le lien avec ce qui nous relie au vivant.
Ce que je défends
Je ne défends pas l’intelligence artificielle. Je ne la glorifie pas. Je défends le droit à la nuance.
Le droit d’être un être humain imparfait, engagé à sa manière, sans devoir prouver sa légitimité à chaque instant.
Je défends l’idée que le lien au vivant, l'émerveillement, et le partage des trésors sensoriels que la nature nous fait ressentir n’est pas réservé aux irréprochables, qui sont-ils d'ailleurs ?
Et surtout…
Je refuse qu’on me fasse croire que je dessers “la cause” parce que j’ai utilisé un outil.
Je refuse qu’un geste isolé devienne une étiquette, qu’un discours, même bien intentionné, vienne me couper de mon élan, me faire douter de mon lien au vivant, ou m’installer dans une culpabilité.
Parce que mon lien au vivant, aux autres, ne se mesure pas à une image générée.
Il se vit. Dans mes pas. Dans mes choix. Dans mes gestes imparfaits. Dans ce que je tente, humblement, de faire exister ... Depuis mon cœur.
Remerciements et invitation
Je tiens à remercier la personne qui m’a envoyé ce message. Il m’a profondément ébranlée, mais il m’a aussi poussée à réfléchir et à écrire. Cet après-midi, j’ai pris le temps de respirer près des arbres, d’observer, de me reconnecter à l’instant présent, et c’est ainsi que cet article a vu le jour.
J’ai mis de côté ce que j’avais planifié de faire, mais ce sont souvent ces imprévus qui viennent enrichir nos journées et nous surprendre agréablement.
Je souhaite simplement partager ce que je vis et ce que je tente d’incarner, avec authenticité.
Et j’aimerais inviter chacun d’entre vous à me dire quelques mots sur cet article : vos impressions, vos ressentis, vos réflexions.



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