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Se mettre au vert : une liste de bienfaits

4 mai 2025
7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 7 jours

Il y a des jours où tout semble trop : trop de bruit, trop d’écrans, trop de pensées. Alors on pousse la porte pour aller dehors, marcher un peu, s’assoir dans un espace vert, ouvert, et on sent assez vite que le souffle s'apaise et notre corps se décrispe, se dépose.


« Se mettre au vert » n’est pas qu’une expression. Beaucoup d’entre nous ressentent, très concrètement, que le vert nous calme, nous aide à respirer plus profondément et à nous recentrer. Et si c’était un vrai besoin, une vraie réponse à certaines de nos tensions ?



LE VERT, UN ALLIE DE NOTRE EQUILIBRE


Le vert est une couleur de vie : les feuillages, les prairies, les sous-bois, les canopées, les plantes qui poussent doucement sur le bord d’une fenêtre ou dans un salon.




Les recherches vont dans ce sens. Une revue de 37 études, publiée en 2019, conclut que regarder des paysages naturels, des plantes ou des fleurs tend à provoquer des réponses physiologiques de détente.




Cela ne veut pas dire que chacun réagit de la même façon, ni que le vert remplace un accompagnement quand l’anxiété est installée profondément. Mais cela confirme une intuition : la nature, même vue de loin, nous fait du bien.



LE VERT APAISE ET "NOURRIT"LE CERVEAU


Passer du temps dans des espaces verts peut s’accompagner d’une baisse mesurable du stress. Une étude de Stanford (2015) a comparé une marche de 90 minutes dans la nature et une marche en ville : après la marche en nature, les participants rapportaient moins de pensées qui tournent en boucle, et l’activité d’une région du cortex préfrontal liée à ces ruminations, le cortex préfrontal subgénual, avait diminué. Dans les travaux japonais de Yoshifumi Miyazaki, le cortex préfrontal « se calme » aussi face à des images de forêt;


À plus long terme, des chercheurs ont observé chez des enfants de Barcelone qu’une exposition plus importante au vert depuis la naissance était associée à un plus grand volume de matière grise dans le cortex préfrontal, à une meilleure mémoire de travail et à moins d’inattention.



LE VERT A TA PORTEE : FORÊT, PARC, PLANTES, FENÊTRES


Se mettre au vert peut prendre plusieurs formes, selon ton énergie et ton temps :


  • Une promenade en forêt ou dans un parc, sans objectif, juste pour marcher et regarder.

  • Un coin de jardin, un balcon, quelques plantes à la maison : s’en occuper devient un petit rituel qui ancre dans le présent. Voir aussi l'article Mycobacterium vaccae : la bactérie du sol qui apaise le stress

  • Un regard par la fenêtre : quelques minutes à contempler un arbre, une haie, un bout de ciel et de feuilles.

  • Même une image de feuillage que l’on prend le temps d’observer, quand sortir est difficile.


D'ailleurs, quand la forêt et les espaces naturels sont loin, que sortir est difficile, on peut inviter le vert à l’intérieur.



FAIRE ENTRER LE VERT CHEZ SOI :

SKOGLUFT, MURS VEGETAUX, DESIGN BIOPHILIQUE


Plusieurs approches s’y intéressent, avec chacune ses forces.


L’effet skogluft : un air de forêt à la maison

« Skogluft » signifie « air de forêt » en norvégien. L’expression a été popularisée par le livre de Jørn Viumdal, Skogluft, qui invite à faire plus de place aux plantes et à la lumière naturelle dans nos intérieurs.



Les murs végétalisés

Jørn Viumdal défend l’idée qu’un mur végétal permet de recréer chez soi, au travail ou en classe, un peu de l’air et de l’ambiance des forêts. Côté recherche, des travaux norvégiens vont dans ce sens avec des plantes d’intérieur. Dans une étude de 1998 menée auprès de 51 employés de bureau, les symptômes déclarés (fatigue, toux, gorge sèche) étaient 23 % plus bas lorsque des plantes étaient présentes dans les bureaux. Une étude de 2000, menée dans un bureau, un service hospitalier et un collège, a relevé 21 à 25 % de symptômes déclarés en moins avec des plantes, parfois associées à un éclairage à spectre complet.


Les plantes de la NASA

En 1989, la NASA a étudié la capacité de certaines plantes à retirer des polluants de l’air dans des chambres fermées, pour les stations spatiales. Cette étude est à l’origine des listes de « plantes dépolluantes ».


Dans un milieu forestier les arbres agissent comme des filtres vivants. Leurs feuilles rugueuses, leurs aiguilles et leurs écorces emprisonnent physiquement les polluants solides. Un grand arbre mature peut capter entre 7 000 et 9 000 particules par litre d'air (représentant environ 20 kg de poussière par an)


Les plantes dépolluantes peuvent donc jouer ce rôle dans nos intérieurs dont nous ne soupçonnons pas toujours la pollution due aux produits ménagers, matériaux et colles denos meubles... mais dans une proportion toute relative.


Le design biophilique

Le design biophilique s’inspire de la « biophilie », un mot qui veut dire « amour du vivant », popularisé par le biologiste Edward O. Wilson dans les années 1980 : nous aurions un attachement naturel au monde vivant. Et pour cause, puisque nous en faisons parti...



Concrètement, cela consiste à intégrer dans les espaces intérieurs la lumière naturelle, des plantes, des matériaux bruts comme le bois ou la pierre, des vues sur l’extérieur, des fontaines, des formes et des couleurs inspirées de la nature et recréant l'univers extérieur.



Les travaux sur les plantes, les fleurs et le bois vus en intérieur, dont la revue de 2019 citée plus haut, vont dans ce sens. Les travaux de Yoshifumi Miyazaki, chercheur japonais, également.


Le simple fait d'être entouré de végétation et de lumière blanche nous aide à nous recentrer, à respirer mieux. Et si, "Se mettre au vert" était un besoin fondamental ?

Le vert, une onde qui apaise


MOINS DE FATIGUE, UNE ATTENTION PLUS POSEE


La présence de vert peut aussi soutenir notre énergie mentale. Dans les études norvégiennes citées plus haut, les participants déclaraient moins de fatigue et de maux de tête quand des plantes étaient présentes, et les enfants de Barcelone les plus exposés au vert avaient une meilleure mémoire de travail.


Passer du temps dans des espaces verts entraîne une réduction mesurable du stress. Des recherches en neurosciences ont montré que  en ce qui concerne l'activation métabolique immédiate : l'exposition au vert régule les émotions en abaissant l’hyperactivité de certaines zones du cortex préfrontal. Les études de neuroimagerie démontrent qu'une marche en nature diminue l'activité neuronale dans le cortex préfrontal subgénual. Cette baisse d'activité est directement liée à la réduction des ruminations mentales et des pensées négatives répétitives.


Augmentation de l'efficacité et de la structure (Long terme) : Si l'activité métabolique brute diminue sur le moment (le cerveau "se repose"), l'exposition régulière à la nature augmente l'efficacité neuronale. À long terme, les personnes vivant près d'espaces verts présentent une plus grande densité de matière grise dans le cortex préfrontal, ce qui améliore durablement la régulation émotionnelle et l'autorégulation


S’entourer de vert, ce n’est pas seulement embellir son quotidien : c’est offrir à notre esprit un espace pour respirer, pour poser ses pensées, augmenter son efficacité neuronale, maintenir un lien avec le vivant, dont nous faisons partie.


Aussi un monde saturé de stimuli et d’écrans, prendre le temps de se relier à la nature est devenu un acte essentiel de préservation.


Alors, que ce soit par une promenade en forêt, un coin de jardin, quelques plantes à la maison ou même une simple contemplation depuis une fenêtre, n’oublions pas que le vert est un allié puissant. Il nous relie à ce qui est vivant, apaisant et profondément régénérant. Et parfois, c’est au cœur du végétal que l’on trouve enfin le chemin vers soi.



UNE PAUSE VERTE DE 3 MINUTES


Installe-toi confortablement, là où tu es. Pose ton regard sur quelque chose de vert : une plante, un arbre derrière la vitre, une feuille. Laisse ton regard s’y poser doucement, sans chercher à analyser. Observe les nuances, les formes, la lumière sur le feuillage. À chaque expiration, laisse tes épaules descendre un peu. Si ton esprit s’éloigne, ramène-le sans te juger vers ce vert. Au bout de quelques respirations, prends un instant pour sentir ce qui a changé : le souffle, la nuque, les pensées.



SE METTRE AU VERT ACCOMPAGNE


Quand le stress ou l’anxiété prennent beaucoup de place, il peut être précieux de ne pas rester seul avec cela. J’accompagne en sophrologie à La Ferté-Bernard et en Sarthe, en séances individuelles, avec des temps de reconnexion à la nature. Tu peux découvrir [l’accompagnement individuel]


📖 Mes livres pour prolonger l’expérience


Exercices de bien-être au cœur de la forêt (Éditions Bussière). Un guide pratique et illustré pour t’immerger dans la forêt pas à pas : sophrologie, respiration, éveil des sens et ancrage pour relâcher les tensions, ralentir et te reconnecter à toi-même. 👉 Découvrir le livre


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Se ressourcer en forêt et retrouver sa force intérieure (écrit à quatre mains avec Jean-Marie Defossez, Éditions Jouvence). Un petit cahier d’exercices pour te ressourcer au contact des arbres et retrouver ta force intérieure, né de la rencontre de deux regards sur la forêt. 👉 Découvrir le livre



  • Jo H., Song C., Miyazaki Y., « Physiological Benefits of Viewing Nature: A Systematic Review of Indoor Experiments », Int. J. Environ. Res. Public Health, 16(23), 4739, 2019. DOI : 10.3390/ijerph16234739

  • Bratman G.N. et al., « Nature experience reduces rumination and subgenual prefrontal cortex activation », PNAS, 112(28), 8567-8572, 2015.

  • Song C., Ikei H., Miyazaki Y., « Physiological Effects of Visual Stimulation with Forest Imagery », Int. J. Environ. Res. Public Health, 15(2), 213, 2018. DOI : 10.3390/ijerph15020213

  • Ikei H., Song C., Miyazaki Y., « Physiological Effects of Touching Wood », Int. J. Environ. Res. Public Health, 14(7), 801, 2017. DOI : 10.3390/ijerph14070801

  • Dadvand P. et al., « The association between lifelong greenspace exposure and 3-dimensional brain magnetic resonance imaging in Barcelona schoolchildren », Environmental Health Perspectives, 2018.

  • Fjeld T., Veiersted B., Sandvik L., Riise G., Levy F., « The effect of indoor foliage plants on health and discomfort symptoms among office workers », Indoor and Built Environment, 7, 204-209, 1998.

  • Cummings B.E., Waring M.S., « Potted plants do not improve indoor air quality: a review and analysis of reported VOC removal efficiencies », Journal of Exposure Science & Environmental Epidemiology, 2019. DOI : 10.1038/s41370-019-0175-9

  • Viumdal J., Skogluft: Norwegian Secrets for Bringing Natural Air and Light into Your Home and Office, Harper Design, 2019 (ouvrage grand public, non scientifique).






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Laurence Paganucci Sophrologue · Souffle · Corps · Nature · Créativité

 

Retrouver le lien avec soi, son corps et le vivant.

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