đ»ââïžLe besoin dâhiberner chez lâĂȘtre humain : un rythme naturel oubliĂ© ?
- Laurence Paganucci
- 16 déc. 2025
- 4 min de lecture
đ§Ł A certaines pĂ©riodes de lâannĂ©e â souvent en hiver, mais pas uniquement â une fatigue plus profonde se fait sentir. Le corps appelle au ralentissement, lâesprit cherche le calme, et le besoin de se replier devient plus prĂ©sent. Pourtant, dans une sociĂ©tĂ© qui valorise lâĂ©lan constant et la productivitĂ©, ces signaux sont souvent ignorĂ©s ou vĂ©cus avec culpabilitĂ©. Et si ce besoin dââhibernerâ nâĂ©tait pas un dysfonctionnement, mais une expression naturelle de notre rythme intĂ©rieur ?
đ Un hĂ©ritage de nos cycles naturels
LâĂȘtre humain nâhiberne pas au sens biologique du terme, mais il reste profondĂ©ment sensible aux cycles de la nature. MĂȘme entourĂ©s dâĂ©crans, dâhoraires fixes et dâobligations permanentes, nos corps continuent de rĂ©agir aux variations de lumiĂšre, de tempĂ©rature et dâactivitĂ© sociale.
Les rythmes circadiens, qui rĂ©gulent notamment le sommeil et lâĂ©nergie, sont sensibles Ă la lumiĂšre naturelle. Lorsque les jours raccourcissent, le corps peut naturellement rĂ©clamer davantage de repos et de ralentissement.

Ă lâimage des saisons qui entrent en dormance, ce repli temporaire prĂ©pare souvent un renouveau intĂ©rieur.
Lorsque lâĂ©nergie baisse â en hiver ou lors de pĂ©riodes de surcharge Ă©motionnelle â il est frĂ©quent de ressentir :
un besoin accru de sommeil,
une diminution de lâĂ©lan vital,
une envie de solitude ou de cocooning,
un ralentissement de la motivation,
une sensibilité émotionnelle plus marquée.
Ces manifestations ne sont pas des faiblesses. Elles traduisent souvent une tentative dâautorĂ©gulation, un ajustement naturel visant Ă prĂ©server lâĂ©quilibre psychique et physique.
đ Le mythe de la performance continue

Notre sociĂ©tĂ© moderne repose sur lâidĂ©e que lâon devrait ĂȘtre disponible, efficace et motivĂ© en permanence.
Cette vision linéaire du fonctionnement humain entre pourtant en contradiction avec notre physiologie et notre psyché.
En psychologie douce, on reconnaĂźt lâexistence de rythmes internes, de phases dâexpansion et de repli.
Ignorer ces cycles peut conduire Ă une fatigue chronique, Ă une perte de sens ou Ă lâĂ©puisement Ă©motionnel. Ă lâinverse, accepter le ralentissement comme une phase lĂ©gitime permet de restaurer lâĂ©nergie et la clartĂ© intĂ©rieure. Sâautoriser le repos, lâintrospection ou la lenteur devient alors un vĂ©ritable acte de soin.
đ§Ł Hiberner symboliquement...
âHibernerâ aujourdâhui ne signifie pas se couper du monde, mais crĂ©er volontairement des espaces de respiration dans son quotidien. Cela peut prendre la forme de :
une mise Ă distance temporaire des sollicitations non essentielles,
le choix dâactivitĂ©s plus douces et nourrissantes,
un environnement plus chaleureux et apaisant,
lâacceptation dâune productivitĂ© rĂ©duite,
une attention tournĂ©e vers lâĂ©coute de soi plutĂŽt que vers la pression extĂ©rieure.
Ces pĂ©riodes de repli favorisent souvent une meilleure comprĂ©hension de ses besoins profonds. Elles permettent de revenir Ă soi, dâintĂ©grer les expĂ©riences vĂ©cues et de laisser Ă©merger une crĂ©ativitĂ© plus authentique.
đ€ Accueillir son besoin de calme sans culpabilitĂ©
Ressentir le besoin de ralentir nâest pas un signe de fragilitĂ©, mais de conscience intĂ©rieure. En psychologie bienveillante, lâĂ©coute de ces signaux est essentielle pour maintenir un
équilibre émotionnel durable.

Se donner la permission de ralentir â mĂȘme briĂšvement â, câest reconnaĂźtre sa propre humanitĂ©. Câest accepter que le bien-ĂȘtre ne se construit pas dans la constance absolue, mais dans lâalternance entre mouvement et repos.
âčïžÂ Respiration et visualisation d'instrospection*
tu peux essayer ce petit exercice :
Installe-toi confortablement dans un endroit calme, assis ou allongé.
Ferme doucement les yeux et prends quelques respirations profondes et lentes, en sentant lâair entrer et sortir.
Respiration carrée :
Expire 4 secondes,
Retiens ton souffle 4 secondes
Inspire 4 secondes,
Retiens ton souffle 4 secondes,
RépÚte ce cycle 5 à 10 fois, en laissant ton corps se relùcher progressivement.
đł Visualisation :

Ă lâexpiration (4 secondes) : Imagine un arbre en hiver, imagine ses derniĂšres feuilles encore lĂ , qui persistent, sans utilitĂ©. Avec ton souffle, laisse partir les tensions, la fatigue, ce qui nâa plus besoin dâĂȘtre portĂ©... regarde les derniĂšres feuilles se dĂ©poser au sol pour le nourrir... Le corps sâallĂšge, lâesprit se dĂ©pose.
Pendant la suspension aprĂšs lâexpiration (4 secondes) : Lâarbre est au repos, quelque peu mis Ă nu, laissant apparaitre ses ramifications, ses dĂ©coupes, ses blessures peut-ĂȘtre, ses cicatrisations.... La vie est lĂ ...sans expension... mais dans sa plus grande profondeur.
Ă lâinspiration (4 secondes) : Plonge dans l'humus, dans la terre, dans le sol, lĂ oĂč la vie de l'arbre est encore toute active et prĂ©pare, dĂ©jĂ , le renouveau du printemps. Accueille cette image de transisition, dans le calme.
Pendant la suspension aprĂšs lâinspiration (4 secondes) : Ressens cet instant suspendu, pleinement prĂ©sent. La vie circule en silence sous la surface.Accueille cette image de transisition, de douce tranquillitĂ© qui fait partie du cycle avant celui d'une pouvelle expension..
RépÚte mentalement cette visualisation à chaque cycle de respiration.
đ Comme la nature, nous traversons des cycles. Honorer ces phases de repli, plutĂŽt que de les combattre, nous invite Ă vivre avec plus de douceur et de justesse. Peut-ĂȘtre quâaccepter de âhibernerâ â sâaccorder davantage de silence, de chaleur et de solitude choisie â est une maniĂšre simple et profonde de prendre naturellement soin de soi⊠đïž



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