Quand le corps n'ose plus bouger : retrouver l'élan du mouvement
Après une maladie, une opération, une blessure ou une grande période de fatigue, il arrive que le corps ne bouge plus comme avant. Et puis il y a les jours, tout simples, où il préférerait rester sur place.
CE MATIN J'AI FAILLI NE PAS Y ALLER
Deux jours sans beaucoup bouger, de la pluie, des rendez-vous, des coups de téléphone programmés, une lumière qui arrive de plus en plus tard le matin… et j'étais déjà habillée en tenue de ville, casual, mais pas du tout prête à partir bouger. Tous les arguments étaient là pour renforcer le manque de motivation de certains matins.
La bonne nouvelle, c'est que le matin n'est pas toute la journée. On pourrait se dire que plus tard sera le bon moment, que ce sera préférable… Mais si l'on ouvre bien les yeux, et qu'on est honnête avec soi-même, remettre à plus tard n'est souvent qu'un leurre de plus.

Ce qui m'a décidée, c'est la promesse de la bonne humeur à venir : ça marche à chaque fois.
Et puis, comme un appel, j'ai entendu passer les oies bernaches. Là, plus d'hésitation : direction l'observatoire, pour voir les oiseaux de passage et ceux qui s'installent pour l'hiver. Go, go, un bon petit rythme, et même l'envie d'accélérer.
QUAND CE N'EST PAS QU'UN COUP DE MOU
Mais derrière ce manque d'élan, il y a parfois une cause plus profonde : une douleur qui fait hésiter, une articulation moins souple, des muscles qui ont perdu de leur force. Et souvent, derrière encore, la peur de se faire mal, de tomber, de ne pas y arriver, ou simplement la perte de confiance en soi.
Alors on bouge moins. C'est tout à fait compréhensible.
Mais moins on bouge, plus le corps et le moral peuvent entrer dans un cercle dont il n'est pas toujours facile de sortir.

Le corps est fait pour bouger. Une immobilité qui se prolonge peut entraîner une perte de masse musculaire, des raideurs, un déconditionnement et, dans certaines situations, une fragilisation des os. Et ce n'est pas seulement physique : ne plus sortir, ne plus faire ce qu'on aimait, ne plus sentir son corps accompagner un mouvement, cela change aussi notre rapport à nous-même et au monde.
La vie se rétrécit peu à peu, et l'humeur avec elle.
Cela vaut aussi, et peut-être surtout, lorsque l'on traverse un cancer. Pendant une chimiothérapie ou une hormonothérapie, la fatigue, les douleurs et la peur de mal faire peuvent nous pousser à beaucoup nous ménager. Or l'Institut national du cancer rappelle que bouger, de façon adaptée, pendant et après les traitements est bénéfique : pour lutter contre le déconditionnement, soulager la fatigue et améliorer la qualité de vie. Bouger ne veut pas dire se dépasser : l'activité doit toujours être adaptée à ton état, avec l'accord de ton équipe médicale, surtout en cas de fragilité osseuse.
Retrouver le mouvement, c'est donc retrouver le plaisir d'habiter son corps.
REMETTRE DU MOUVEMENT, MAIS SURTOUT DE L'ELAN

« Bouger » est le verbe que j'emploie délibérément, car le mot « sport » ou « activité sportive » ne serait pas forcément adapté ici : il peut évoquer des efforts plus intenses. Or bouger, ce n'est pas aller vite et fort, ni faire ses preuves. C'est certes relever un défi, mais son propre défi, sans le regard de l'autre, sans appréciation, sans jugement.
L'essentiel est de trouver une activité qui nous ressemble, qui nous donne envie, qui nous fait sourire.
Une activité qui nous rend cette sensation précieuse : « Je suis vivant, je sens mon corps, je suis à nouveau en mouvement. »
Et parfois, avant de remettre le corps en mouvement, il faut remettre quelque chose en mouvement à l'intérieur de soi. C'est là que la sophrologie peut trouver sa place.
LA SOPHROLOHIE POUR RETROUVER DU MOUVEMENT
La sophrologie ne remplace pas les soins médicaux, la kinésithérapie ou la rééducation lorsqu'ils sont nécessaires, et ne se substitue jamais à l'avis de ton médecin ou de ton équipe soignante. C'est un accompagnement complémentaire pour retrouver, pas à pas, confiance dans son corps et ses capacités.
Quand j'accompagne une personne dans cette reprise, nous commençons par l'écoute : ressentir ses appuis, sa respiration, ses jambes, ses bras, son dos, sans chercher à rien changer tout de suite. Sans jugement, sans performance. Puis nous remettons du mouvement :
un mouvement imaginé,
un mouvement très doux,
un mouvement associé à la respiration,une sensation agréable que l'on prend le temps d'accueillir.

La visualisation positive aide aussi : se voir marcher, monter quelques marches avec plus de confiance, retrouver l'amplitude de ses bras, imaginer une promenade ou un moment de danse.
Il ne s'agit pas de nier les difficultés, mais de donner au cerveau une image positive du mouvement et de retrouver une sensation de possibilité.
Je peux essayer. Je peux avancer étape par étape. Je peux écouter mon corps. Je peux retrouver du plaisir à bouger.
UN PETIT EXERCICE A ESSAYER MAINTENANT
Un petit exercice à essayer maintenant
Installe-toi debout ou assis(e), les pieds bien posés au sol.
Sentir. Mets-toi à l'écoute de tes appuis : tes pieds sur le sol, ton dos contre le dossier ou bien droit, tes mains sur tes cuisses ou le long du corps. Laisse ton corps être là, et ta respiration venir spontanément.
Poser la respiration. Une main sur le ventre, l'autre sur le thorax, écoute ta respiration. Regarde, avec tes mains, ce qui bouge, et où ça bouge quand ça bouge. Le simple fait d'écouter ton corps respirer pose la respiration : elle s'apaise, et elle t'apaise.
Expirer. Expire trois fois, sans forcer, la bouche ouverte, en laissant l'air sortir aussi complètement que possible. Entre chaque expiration, laisse revenir une petite inspiration passive par le nez.
Imaginer. Ferme les yeux si tu le souhaites. Imagine un mouvement qui te ferait plaisir : tes jambes qui marchent, tes bras qui s'ouvrent… Regarde-toi le faire, tranquillement, à ton rythme.
Ressentir. À travers cette visualisation, ressens le plaisir de voir ton corps bouger comme tu le souhaites, et ramène ce plaisir, en expirant profondément, ici et maintenant, dans ce corps et dans cet instant.
Puiser. Va puiser en toi la confiance, l'harmonie et l'espoir, comme dans des réservoirs qui se trouvent en toi. Plonge, et ramène cette confiance en toi, en ton corps, et cette harmonie entre ton corps et ton esprit, qui peuvent former un cercle vertueux. Ramène aussi l'espoir de pouvoir bouger comme tu le souhaites.
Remettre du mouvement. Pour sortir de cette pause apaisante, fais de petits mouvements doux avec ton cou, tes bras, tes mains, tes jambes… Étire-toi doucement.
Remettre le corps en mouvement, c'est parfois remettre la vie en mouvement.

Envie de retrouver confiance dans ton corps, à ton rythme ? Je t'accueille en séance de sophrologie à La Ferté-Bernard (Sarthe), pour t'accompagner dans la reprise du mouvement après une maladie, une opération, une blessure, pendant ou après des traitements, ou simplement une période de grande fatigue.
👉 [Prendre rendez-vous] 06 70 76 68 07

Je l’ai écrit au fil de ce que je vivais, non pas pour raconter une maladie, mais pour tenter de dire ce que la maladie déplace en nous, ce qu’elle fait surgir, ce qui vacille… et ce qui, malgré tout, continue de vivre.
Peut-être que certaines de ces pages résonneront avec votre propre histoire, ou avec celle d’une femme qui vous est chère.
Le Crabe et la Méduse est disponible en version papier et ebook sur Amazon.
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